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Sur les sols du Schoenenbourg

Notre association a organisé, en collaboration avec le domaine Dopff « Au Moulin » à Riquewihr, une journée de découverte pédologique des sols du Grand Cru Schoenenbourg. L’animation de la journée a été menée par Dominique Schwartz, professeur de pédologie à la Faculté de géographie de l'Université de Strasbourg.

Une douzaine de personnes a participé à la journée.

En préparation à la journée, Marlène Dopff avait fait creuser trois fosses en trois endroits différents du Grand Cru, afin de mettre en évidence les variations dans les parcelles. Lorsque l’on se promène dans les vignes, on peut remarquer que le sol présente des différences de couleur, on peut y observer la présence de divers types de cailloux, parfois de fossiles… Lorsque l’on creuse, jusqu’à deux mètres de profondeur, on découvre les différentes couches, les pédologues parlent d’horizons, dans lesquelles la vigne va puiser eau et nutriments, via les racines. Ce sont précisément ces couches que Dominique Schwartz a analysées, mettant en évidence les relations intimes entre le végétal et le minéral.

Le Grand Cru Schoenenbourg couvre 54,3 hectares situés entre 265 et 380 mètres d’altitude, exposés sud-est/sud. La description officielle du Schoenenbourg annonce des « terrains argilo-marneux, dolomitiques et gypseux, recouverts de fines couches quaternaires de cailloutis siliceux de grès vosgien et de Muschelkalk». Le cépage roi est ici le riesling, hormis dans sa partie orientale, près de Zellenberg, où les gewürtzrtraminer et les pinots gris se sentent davantage à leur aise.

Dans la première fosse, située le plus à l’ouest des trois, Dominique Schwartz a distingué le premier horizon de sol brun puis nous a montré de splendides marnes irisées de couleur jaune et verte datant du Keuper (Trias supérieur, entre environ 230 et 205 millions d’années).



Dans la deuxième fosse, les marnes irisées étaient absentes, remplacées par des marnes brunes. On retrouve le même sol brun, mélangé à des cailloutis. Par terre, il a été aisé de ramasser quelques fossiles de gryphea arcuata, un ancêtre de l’huitre, qui a vécu à la fin du Trias et au Jurassique.

La troisième fosse a été creusée dans la partie orientale du Grand Cru, dans le lieu-dit nommé Kronenbourg. On est ici plus proche de Zellenberg que de Riquewihr. Lors de l’excavation, le godet de la pelle a mis en évidence la présence de gros blocs de calcaire affleurant au fond de la fosse. Le sol est ici plus argileux et plus froid. Les marnes y sont mêlées de petits éléments de calcaire. Ces marnes datent du début du Lias (Jurassique inférieur, entre environ 201 et 174 millions d’années). Ce terroir est davantage adapté aux pinots gris et aux gewürtztraminers.


Dominique Schwartz nous a à chaque fois, longuement développé les relations que la vigne peut établir avec le sol et le sous-sol. Il a également expliqué l’importance de la réserve hydrique et de sa disponibilité pour la plante. L’importance de la vie du sol, particulièrement celle des vers de terre, a été clairement établie.

La balade sur le terrain s’est achevée par un détour dans l’ancienne carrière de Riquewihr située au pied du Schoenenbourg où nous avons pu observer de belles veines de gypse fibreux.

De retour au domaine Dopff, nous avons pu déguster des Riesling Grand Cru Schoenenbourg issus des parcelles (les deux premières fosses) dont nous venions d’observer les sols. Deux sélections parcellaires en 2021 et 2022 élevées en demi-muids et deux cuvées des mêmes millésimes élevés en cuves inox. Le toucher de bouche de ces vins a été révélateur pour tous ces vins. Nous y avons retrouvé l’horizontalité de la forme et la finesse du grain propres aux terroirs calcaires, prolongées par une salinité longue et fraîche. La salivation, très présente, variait d’une cuvée à l’autre. Au nez, des notes principales étaient organisées autour des fleurs blanches et des fruits exotiques.

Le repas de midi a été l’occasion de découvrir d’autres millésimes. Marlène Dopff nous a régalé avec des riesling GC Schoenenbourg du domaine, issus des récoles 2018, 2017, 2009 et 2001. Ces jolis flacons nous ont permis de mesurer le potentiel de vieillissement du grand cru. Les vins avaient gardé leur fraîcheur, leur vivacité et en particulier leur salinité.

Merci à Frédéric Wenson, chef de culture et à Pascal Batot, maître de chai, qui nous ont éclairé sur leurs pratiques.

Un grand merci à Marlène Dopff pour son accueil et sa gentillesse, ainsi que pour la verticale de Schoenenbourg.

Cette journée sera suivie d’une visite du labyrinthe des caves du domaine Dopff. Nous vous tiendrons informés des dates et des modalités pratiques lorsqu’elles seront définies.

Michel Haber


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